domenica 24 febbraio 2013

Come un cane

Stanotte, verso le due, mi ha svegliato la televisione che si è accesa da sola al ritorno della corrente elettrica. Contrariato, ma allo stesso tempo sollevato nel vedere che l'Enel aveva riparato il guasto (bagliori nella notte dovuti alla caduta di rami sui fili dell'alta tensione) sono andato per spegnerla ma non l'ho fatto subito, no, mi sono incantato ad guardare questo video che passava su un canale francese di quelli che ancora riesco a prendere a gratis, grazie al satellite Atlantic sul quale ho orientato la mia parabola (insieme ai famosi Hot Bird e Astra). Sono rimasto incantato, nonostante, sul momento, riuscissi a cogliere la metà delle parole che Leo Ferré diceva. 
Però è stato facile ritrovare in rete il testo che copio e incollo da qui, e pure il video di una interpretazione dal vivo di tale poesia.
Tutto questo per dirvi che, come un cane, vado a votare.


À mes oiseaux piaillant debout 
Chinés sous les becs de la nuit 
Avec leur crêpe de coutil 
Et leur fourreau fleuri de trous 
À mes compaings du pain rassis 
À mes frangins de l'entre bise 
À ceux qui gerçaient leur chemise 
Au givre des pernods-minuit 

A l'Araignée la toile au vent 
A Biftec baron du homard 
Et sa technique du caviar 
Qui ressemblait à du hareng 
A Bec d'Azur du pif comptant 
Qui créchait côté de Sancerre 
Sur les MIDNIGHT à moitié verre 
Chez un bistre de ses clients 

Aux spécialistes d'la scoumoune 
Qui se sapaient de courants d'air 
Et qui prenaient pour un steamer 
La compagnie Blondit and Clowns 
Aux pannes qui la langue au pas 
En plein hiver mangeaient des nèfles 
A ceux pour qui deux sous de trèfle 
Ça valait une Craven A 

A ceux-là je laisse la fleur 
De mon désespoir en allé 
Maintenant que je suis paré 
Et que je vais chez le coiffeur 
Pauvre mec mon pauvre Pierrot 
Vois la lune qui te cafarde 
Cette Américaine moucharde 
Qu'ils ont vidée de ton pipeau 

Ils t'ont pelé comme un mouton 
Avec un ciseau à surtaxe 
Progressivement contumax 
Tu bêle à tout va la chanson 
Et tu n'achètes plus que du vent 
Encore que la nuit venue 
Y a ta cavale dans la rue 
Qui hennnit en te klaxonnant 

Le Droit la Loi la Foi et Toi 
Et une éponge de vin sur 
Ton Beaujolais qui fait le mur 
Et ta Pépée qui fait le toit 
Et si vraiment Dieu existait 
Comme le disait Bakounine 
Ce Camarade Vitamine 
Il faudrait s'en débarrasser 

Tu traînes ton croco ridé 
Cinquante berges dans les flancs 
Et tes chiens qui mordent dedans 
Le pot-au-rif de l'amitié 
Un poète ça sent des pieds 
On lave pas la poésie 
Ça se défenestre et ça crie 
Aux gens perdus des mots FERIES 

Des mots oui des mots comme le Nouveau Monde 
Des mots venus de l'autre côté clé la rive 
Des mots tranquilles comme mon chien qui dort 
Des mots chargés des lèvres constellées dans le dictionnaire des 
constellations de mots 
Et c'est le Bonnet Noir que nous mettrons sur le vocabulaire 
Nous ferons un séminaire, particulier avec des grammairiens 
particuliers aussi 
Et chargés de mettre des perruques aux vieilles pouffiasses 
Littéromanes 

IL IMPORTE QUE LE MOT AMOUR soit rempli de mystère et non 
de tabou, de péché, de vertu, de carnaval romain des draps cousus 
dans le salace 
Et dans l'objet de la policière voyance ou voyeurie 
Nous mettrons de longs cheveux aux prêtres de la rue pour leur 
apprendre à s'appeler dès lors monsieur l'abbé Rita Hayworth 
monsieur l'abbé BB fricoti fricota et nous ferons des prières inversées 
Et nous lancerons à la tête des gens des mots 
SANS CULOTTE 
SANS BANDE A CUL 
Sans rien qui puisse jamais remettre en question 
La vieille la très vieille et très ancienne et démodée querelle du 
qu'en diront-ils 
Et du je fais quand même mes cochoncetés en toute quiétude sous 
prétexte qu'on m'a béni 
Que j'ai signé chez monsieur le maire de mes deux mairies 
ALORS QUE CES ENFANTS SONT TOUT SEULS DANS LES 
RUES 
ET S'INVENTENT LA VRAIE GALAXIE DE L'AMOUR 
INSTANTANE 
Alors que ces enfants dans la rue s'aiment et s'aimeront 
Alors que cela est indéniable 
Alors que cela est de toute évidence et de toute éternité 
JE PARLE POUR DANS DIX SIECLES et je prends date 
On peut me mettre en cabane 
On peut me rire au nez ça dépend de quel rire 
JE PROVOQUE-À L'AMOUR ET À L'INSURRECTION 
YES! I AM UN IMMENSE PROVOCATEUR 
Je vous l'ai dit 

Des armes et des mots c'est pareil 
Ça tue pareil 
II faut tuer l'intelligence des mots anciens 
Avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras 

IL FAUT METTRE EUCLIDE DANS UNE POUBELLE 

Mettez-vous le bien dans la courbure 
C'est râpé vos trucs et manigances 
Vos démocraties où il n'est pas question de monter à l'hôtel avec 
une fille 
Si elle ne vous est pas collée par la jurisprudence 
C'est râpé Messieurs de la Romance 
Nous, nous sommes pour un langage auquel vous n'entravez que 
couic 
NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la 
compagnie, 
Ils se dérangent et on leur fout la paix 
Nous voulons la Paix des Chiens 
Nous sommes des chiens de " bonne volonté " 
El nous ne sommes pas contre le fait qu'on laisse venir à nous 
certaines chiennes 
Puisqu'elles sont faites pour ça et pour nous 

Nous aboyons avec des armes dans la gueule 
Des armes blanches et noires comme des mots noirs et blancs 
NOIRS COMME LA TERREUR QUE VOUS ASSUMEREZ 
BLANCS COMME LA VIRGINITÉ QUE NOUS ASSUMONS 
NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la 
compagnie, 
II se dérangent, ils se décolliérisent 
Et posent leur os comme on pose sa cigarette quand on a quelque 
chose d'urgent à faire 

Même et de préférence si l'urgence contient l'idée de vous foutre 
sur la margoulette 
Je n'écris pas comme de Gaulle ou comme Perse l 
JE CAUSE et je GUEULE comme un chien 

JE SUIS UN CHIEN


5 commenti:

Hombre ha detto...

Evviva l'Enel. E pure Leo.

Luca Massaro ha detto...

Evviva pure @pbersani, il più "ferrato".

Anonimo ha detto...

Capito un cazzo. Pell

Luca Massaro ha detto...

di me o di Ferré?
Della poesia mi ha colpito l'ultima strofa che, indebitamente, traduco così:
«Noi siamo dei cani, e i cani, quando sentono la compagnia, si disturbano e si tolgono il collare e posano i loro ossi come si posa la sigaretta quando si ha qualcosa di urgente da fare, anche e di preferenza se l'urgenza contiene l'idea di fottervi sulla faccia. Non scrivo come De Gaulle o come Persi(o): io parlo e grido come un cane, io sono un cane.»

beninteso: ho votato con la coda tra le gambe, ma ho votato piddì.

Anonimo ha detto...

Anche io. A ciap'in del cü come sempre. Pell