giovedì 25 dicembre 2014

Tenerezze

« Je maintiens qu'il faut qu'il y ait des malheureux dans le monde, que la nature le veut, qu'elle l'exige, et que c'est aller contre ses lois en prétendant remettre l'équilibre, si elle a voulu du désordre.
Comment donc, Duclos, – dit Durcet, – mais tu as des principes! Je suis bien aise de t'en voir sur cela; tout soulagement fait à l'infortune est un crime réel contre l'ordre de la nature. L'inégalité qu'elle a mise dans nos individus prouve que cette discordance lui plaît, puisqu'elle l'a établie et qu'elle la veut dans les fortunes comme dans les corps. Et comme il est permis au faible de la réparer par le vol, il est également permis au fort de la rétablir par le refus de ses secours. L'univers ne subsisterait pas un instant si la ressemblance était exacte dans tous les êtres; c'est de cette dissemblance que naît l'ordre qui conserve et qui conduit tout. Il faut donc bien se garder de le troubler. D'ailleurs, en croyant faire un bien à cette malheureuse classe d'hommes, je fais beaucoup de mal à une autre, car l'infortune est la pépinière où le riche va chercher les objets de sa luxure ou de sa cruauté; je le prive de cette branche de plaisir en empêchant par mes secours cette classe de se livrer à lui. Je n'ai donc, par mes aumônes, obligé que faiblement une partie de la race humaine, et prodigieusement nui à l'autre. Je regarde donc l'aumône non seulement comme une chose mauvaise en elle-même, mais je la considère encore comme un crime réel envers la nature qui, en nous indiquant les différences, n'a nullement prétendu que nous les troublions. Ainsi, bien loin d'aider le pauvre, de consoler la veuve et de soulager l'orphelin, si j'agis d'après les véritables intentions de la nature, non seulement, je les laisserai dans l'état où la nature les a mis, mais j'aiderai même à ses vues en leur prolongeant cet état et en m'opposant vivement à ce qu'ils en changent, et je croirai sur cela tous les moyens permis. 
Quoi, – dit le duc, – même de les voler ou de les ruiner?
Assurément, – dit le financier; – même d'en augmenter le nombre, puisque leur classe sert à une autre, et qu'en les multipliant, si je fais un peu de peine à l'une, je ferai beaucoup de bien à l'autre. »

Donatien Alphonse François de Sade, Les 120 journées de Sodome, (Quinzième journée).


Ci siamo intesi, Sua Santità?

1 commento:

Lisa Miller ha detto...

Temo che sua santità non abbia mai letto tale opera.
Temo che abbia anche qualche problema nel comprendere, non tanto la lingua - essendovi ottime traduzioni disponibili sul mercato - ma il concetto. "Che una parte di umanità sia indispensabile." Ecco, questo.
"La differenzazione necessaria PER."
E non mi stupirebbe se, avvertendo questa impotenza, osasse un riferimento all'inno della rivoluzione francese, tanto per attingerne il secondo sostantivo: quella égalité a lui (ed a molti) tanto cara.

On est que larbins de la nature, mais parfois on l'oublie.